Comme je ne suis pas journaliste salarié mais simple
blogueur vert, je ne me sens pas obligé de titrer LA FARCE TRANQUILLE* et de parler du remaniement ministériel de ZYKOSAR.
Je préfère m'intéresser à la fois au nouveau plan de "restructuration" chez Michelin et au B.I.B. (Bonheur Intérieur Brut) des Bibs (salariés du fabricant de pneus clermontois).
Pour la énième fois, le N°1 du pneumatique annonce des suppressions d'emplois. "Ce ne seront pas des licenciements secs**" assure la Direction. Mais les 1100 employés des trois
sites touchés doivent s'attendre à des bouleversements dans leur vie. Et c'est là que le BIB des Bibs en prend un coup.
Les médias nous ont habitués au PIB. Tout se mesure en pourcentage, en augmentation, en diminution du PIB. Cette icône des temps modernes, cette mesure du "progrès" est pourtant une fameuse
fumisterie. En effet, un bon tsunami vous redresse un PIB en quelques minutes car s'il détruit, il faut bien reconstruire. La déforestation en Indonésie augmente le PIB puisqu'elle permet de
vendre des arbres rares tout en fournissant des terres pour produire des agrocarburants... En revanche, les campagnes de prévention pour la santé publique qui réduisent le PIB, car on vend
moins de médicaments et on fait moins d'opérations coûteuses, augmentent le BIB...
Si l'on mesurait l'économie à partir du BIB, comme l'avait imaginé le BHOUTAN voici plus de trente ans, il est à craindre certains pays ne feraient plus l'admiration des journaux
économiques. En effet, le BIB des caissières de supermarchés, qui passent entre leurs mains d'abondantes provisions dont leur maigre salaire ne leur permettra d'acquérir que les
miettes, est loin d'être la félicité.
La crise financière frappe durement le secteur automobile. La crise écologique aurait pu lui permettre de se réorienter mais, pour l'instant, ça n'en prend pas le chemin puisque les grands pays
industriels se sont contentés d'injecter des liquidités dans une industrie en panne d'idées. Logiquement, les fabricants de pneus écopent, surtout leurs employés, évidemment. On a vu Continental,
on voit Michelin. Le site clermontois n'est pas touché : c'est qu'il ne fallait pas faire de peine à Brice HORTEFEUX, le régional de l'étape, Ministre du Travail, qui va pouvoir préparer les
élections régionales de 2010 maintenant qu'il est devenu Ministre de l'Intérieur***.
C'est bien pourtant de la capitale auvergnate qu'on pourrait innover en matière de pneumatiques. Il y a le tramway sur pneus comme autrefois on avait les "Michelines", ces autorails sur
pneumatiques. Relancer le rail et le pneu en même temps, voilà qui serait une aubaine pour les ouvriers de Michelin, pour les cheminots et pour les usagers habituels ou potentiels des chemins de
fer ! La manufacture clermontoise qui avait lancé le pneu "vert" pourrait utilement investir dans les transports publics.
Quant aux Bibs menacés dans leur emploi, j'espère qu'ils ne feront pas comme les CONTIS, brûler des pneus pendant des semaines, ce qui n'est bon ni pour leur image ni pour nos
poumons. Aujourd'hui, il est à craindre qu'ils ne puissent s'écrier : "Nunc est bibendum" (c'est maintenant qu'il faut boire) en sortant du Comité Central d'Entreprise où le patron leur
donnera le détail des mauvaises nouvelles.
*Titre amusant de Libération faisant allusion à l'entrée de Frédéric MITTERRAND (qui avait soutenu CHIRAC en 1995 quand ZYKOSAR soutenait BALLADUR) au
Ministère de la Culture.
**Mais faudra-t-il s'équiper de pneus pluie ou utiliser la vaseline ?
***Un poste de choix pour les combines électorales.