MAGRITTE, c'est comme un virus, quand il
vous tient, il ne vous lâche pas. Et quand vous entrez dans le nouveau musée qui vient de lui être consacré à BRUXELLES, pas question de rater une image des centaines qui vous sont proposées, qui
plus est, avec l'air conditionné. Et vous l'êtes, conditionné. Mis en condition de suivre le parcours artistique, familial et idéologique du plus inclassable des peintres surréalistes.
Inclassable et déclassé quand, suite à une remarque désagréable d'André BRETON* n'appréciant pas que Georgette MAGRITTE porte une petite croix dans son décolleté, le couple décida de quitter la
maison d'un hôte aussi peu hospitalier...
J'avais déjà vu de nombreuses oeuvres du peintre belge au Musée d'Art Moderne de BRUXELLES ainsi que la collection des DELVAUX, mais ce nouveau musée qui est consacré entièrement à MAGRITTE
recèle vraiment des trésors qui m'étaient inconnus et il brosse, avec une précision toute magrittienne, le portrait de l'artiste, de sa compagne et de ses compagnons dans un cadre adapté, propice
à la pénétration des tableaux.
Justement, la pénétration convient bien à MAGRITTE. On ne sait jamais si on est dedans ou dehors, si l'on regarde par le trou de la serrure ou par la fenêtre entrouverte, si le rocher va vous
écraser ou s'il s'envole dans les nues, si la Joconde est au Louvre ou si elle se cache derrière un rideau de nuages... La pipe n'est pas une pipe, évidemment, mais le créateur est un véritable
artiste dont l'oeuvre interroge sans cesse, si évidente et si étrange, si maniérée et si réaliste, si diverse et si constante.
On comprendra que j'aime ce peintre et que je recommande le voyage à BRUXELLES.
*Qui n'en ratait pas une.