Enfant doué, super exploité par son père, émancipé de la famille pour tomber dans les filets des producteurs et l'amour fatal des fans, porté au pinacle tant qu'il rapportait des millions de
dollars puis négligé quand la manne financière se tarit et carrément renié pour de sombres affaires de sexe, Michael JACKSON triomphe à nouveau maintenant qu'il est mort...à 50 ans.
N'ayant jamais tellement apprécié sa musique répétitive et ses shows dansés, je n'ai aucune raison de le dénigrer aujourd'hui alors que beaucoup de ceux qui l'ont admiré ont craché dessus parce
qu'il avait montré son fils au public par la fenêtre et montré autre chose à d'autres enfants à d'autres endroits ! Dans ce monde du virtuel, du factice et de l'exhibitionnisme à tout prix, il
était à prévoir que l'ange se brûlerait les ailes et deviendrait un démon pour ceux-là même qui l'avaient adoré.
L'avalanche de numéros spéciaux imprimés, radiodiffusés et télévisés atteint un niveau dépassant les pires catastrophes naturelles ou les attentats les plus atroces. JACKSON est vanté pour ses
centaines de millions de disques vendus, admiré pour son moonwalk que le moindre smurfeur de banlieue réussit sans aucune difficulté et placé à égalité avec Bob MARLEY, Elvis PRESLEY,
Louis ARMSTRONG, Les Beatles.....
Je crains fort que les médias ne se laissent emporter par les superlatifs et que Michael JACKSON, dans quelques années, soit replacé à un niveau bien inférieur, voire même oublié, quand les rocks
du King, les reggae de Bob, les blues de Louis et le Yellow submarine des Beatles seront bien présents dans les coeurs et les têtes.
C'est qu'il manquait manifestement quelque chose à JACKSON que possédaient les autres : la joie de vivre et la force créatrice qui va avec. Le Pape de la pop, miné par sa maladie identitaire, sa
volonté de blanchir sa peau et décrêper ses cheveux, sa course au record (le clip le plus long, le plus cher, le plus gore...) n'aura réussi qu'à enrichir les producteurs et les marchands
d'images.
Ses fans qui sont évidemment tristes et malheureux pourront se consoler en écoutant quelques un de ses succès mais aussi en allant puiser ailleurs, aux sources du blues, du rock, de la soul ...
la joie et l'invention qui manquaient sérieusement à l'idole disparue.